Cancer du sein et intimité : sécheresse, fuites, solutions
Publié le 05 octobre 2026 · Temps de lecture : 5 minutes.
Octobre rose :
après un cancer du sein, prendre soin de son intimité aussi
Octobre rose, c’est le mois de la mobilisation contre le cancer du sein. On parle (heureusement !) beaucoup de dépistage.
On parle beaucoup moins de l’après : les effets des traitements sur l’intimité, la sécheresse vaginale, les fuites urinaires…
Des sujets encore tabous, alors qu’ils touchent le quotidien de nombreuses femmes.
Et si on en parlait, en douceur ?
A lire avant tout : cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Si vous êtes en cours de traitement ou en suivi après un cancer du sein, parlez de vos symptômes à votre équipe soignante avant toute démarche.
Le cancer du sein en quelques chiffres
61 000
Le chiffre à retenir : En France, environ 61 000 nouveaux cas de cancer du sein ont été estimés en 2023. 80 % surviennent après 50 ans. Bonne nouvelle : détecté au stade le plus précoce, le cancer du sein est guéri dans 87% des cas.
C’est pourquoi le dépistage organisé est si important.
Entre 50 et 74 ans, une mammographie est proposée tous les deux ans, prise en charge à 100% par l’Assurance Maladi, et chaque cliché jugé normal est relu par un second radiologue.
Le cancer du sein concerne surtout les femmes, mais il peut aussi toucher, plus rarement, les hommes.
Pourquoi les traitements peuvent-ils toucher l’intimité ?
Certains traitements du cancer du sein, notamment l’hormonothérapie, arrêtent ou diminuent la production d’hormones féminines (œstrogènes et progestérone).
L’Institut national du cancer parle alors de ménopause « artificielle ». Elle peut survenir plus tôt et plus brutalement qu’une ménopause naturelle.
Or les œstrogènes jouent un rôle clé dans la santé des tissus intimes. Quand ils diminuent, plusieurs effets peuvent apparaître :
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- une sécheresse vaginale, parfois accompagnée d’irritations ou de démangeaisons ;
- des douleurs pendant les rapports et une baisse de libido ;
- des troubles urinaires : infections urinaires plus fréquentes, envies pressantes ou fuites urinaires.
Tout le monde ne ressent pas ces effets, et pas avec la même intensité. Mais si c’est votre cas, sachez que ce n’est ni « dans votre tête », ni une fatalité.
Quelles solutions pour se sentir mieux ?
La première étape, c’est d’en parler.
→ À votre oncologue, votre gynécologue, votre médecin traitant ou votre sage-femme. Ces sujets font partie de votre santé, au même titre que le reste de votre suivi.
Plusieurs pistes existent, à adapter avec votre équipe soignante :
⇒ Contre la sécheresse vaginale, l’Institut national du cancer recommande d’utiliser un lubrifiant à base d’eau ou un hydratant vaginal.
⇒ Une activité physique adaptée et des techniques de relaxation (respiration, yoga) peuvent aider à mieux vivre les effets de la ménopause induite.
⇒ La rééducation périnéale fait partie des pistes citées pour les troubles génito-urinaires liés à la baisse hormonale : renforcement du plancher pelvien, biofeedback… Elle est réalisée par un kinésithérapeute ou une sage-femme, toujours en lien avec votre équipe médicale.
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Les dispositifs qui peuvent aider à domicile
Sondes vaginales
Les sondes vaginales sont utilisées pour la rééducation du périnée chez la femme, notamment en cas de fuites urinaires, de post-partum ou de faiblesse musculaire pelvienne. Elles permettent un travail ciblé grâce au biofeedback ou à l’électrostimulation.
Sondes anales
Les sondes anales sont adaptées à la rééducation périnéale chez l’homme et la femme, en particulier pour traiter l’incontinence urinaire ou fécale. Elles offrent une solution efficace pour renforcer les muscles du plancher pelvien via l’électrostimulation.
Electrostimulateurs
L’électrostimulateur périnéal est un appareil qui envoie de légères impulsions électriques pour stimuler et renforcer les muscles du périnée. Il est recommandé dans le cadre d’une rééducation à domicile, souvent encomplément d’un suivi médical.
Pour conclure
Octobre rose, c’est d’abord le dépistage : entre 50 et 74 ans, pensez à votre mammographie !
Et pour celles qui traversent ou ont traversé un cancer du sein, l’intimité mérite aussi qu’on en prenne soin.
Sécheresse, douleurs, fuites… Ces effets sont fréquents, ils se disent, et des solutions existent.
Vous n’êtes pas seule 💗
⇒ Pour aller plus loin, (re)lisez notre article « Le périnée : définition, rôle et importance pour la santé ⬈ », et notre article sur la ménopause « Périnée et ménopause : comprendre et bien l’accompagner ⬈ »
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Foire aux questions
Découvrez les questions les plus posées par les internautes.
Le dépistage du cancer du sein est-il remboursé ?
Oui, il est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.
Entre 50 et 74 ans, vous êtes invitée tous les deux ans à faire une mammographie de dépistage.
L’invitation arrive par courrier et sur votre compte ameli.
Le jour du rendez-vous, présentez simplement votre invitation et votre carte Vitale : vous n’avez rien à payer.
Si un examen complémentaire est nécessaire, comme une échographie, il est remboursé dans les conditions habituelles.
Pourquoi choisir le dépistage organisé plutôt qu'une mammographie classique ?
Dans le dépistage organisé, chaque mammographie jugée normale est relue par un second radiologue expert.
Selon l’Assurance Maladie, cette double lecture permet de détecter 6% des cancers du sein.
Elle n’existe pas lorsque la mammographie est faite sur prescription individuelle.
La sécheresse vaginale après un cancer du sein est-elle définitive ?
Pas forcément.
Elle dépend du traitement, de sa durée et de chaque femme.
Des solutions existent pour la soulager, comme les lubrifiants à base d’eau ou les hydratants vaginaux.
Parlez-en à votre équipe soignante, qui vous orientera selon votre situation.
Peut-on faire de la rééducation périnéale après un cancer du sein ?
Oui.
Elle fait partie des pistes possibles en cas de fuites urinaires ou de troubles intimes.
Elle doit toujours être validée par votre équipe médicale, puis réalisée par un kinésithérapeute ou une sage-femme, qui adaptera les techniques à votre situation.
À qui parler de ces troubles intimes ?
À votre oncologue, votre gynécologue, votre médecin traitant ou votre sage-femme.
Beaucoup de femmes n’osent pas aborder le sujet, mais ces symptômes font pleinement partie de votre suivi.
Les hommes peuvent-ils avoir un cancer du sein ?
Oui, même si c’est beaucoup plus rare.
Toute grosseur ou modification au niveau de la poitrine doit amener à consulter, quel que soit son sexe.
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Sources
- ARS Île-de-France
- Institut national du cancer
- Fondation ARC
- Maladies du sein (Canada)









